NEWS 03.06.2023

Première semaine de la session d’été du Conseil national.

Un bilan en demi-teinte pour cette première semaine de la session d’été du Conseil national… Un feu vert pour le développement, nécessaire, de nos routes nationales. Un feu orange clignotant pour l’alerte que je lance avec mon interpellation autour de la problématique du 3,5% en matière de biodiversité. Et un feu rouge pour la réponse au Conseil fédéral à mon interpellation demandant l’interdiction de production de viande artificielle dans notre pays.

Armée suisse

C’est, aujourd’hui, une évidence: nos routes nationales, nos autoroutes, sont surchargées. Or ces axes favorisent la mobilité et contribuent au développement économique de notre pays; ils délestent aussi le réseau routier secondaire. Soutenir le développement de nos routes nationales n’est ni un combat contre le rail, ni une sournoise attaque contre l’environnement, mais bien une nécessité ! Le Conseil national l’a bien compris en acceptant, avec le plan 2024-2027, des dépenses pour quelques 8,7 milliards de francs.

La Chambre basse n’a pas oublié la Suisse romande: un montant de 911 millions de francs a été débloqué pour avancer l’aménagement Le Vengeron-Coppet-Nyon. Mais attention ! Il ne s’agit pas d’argent supplémentaire, ce montant existe déjà dans le fonds FORTA, le fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération. Un fonds alimenté, entre autres, par la surtaxe sur les huiles minérales, la vignette autoroutière ou encore l’impôt sur les véhicules automobiles. Cet aménagement permettra d’élargit l’A1 entre Le Vengeron et Nyon à trois voies en limitant les impacts environnementaux.

Biodiversité: résoudre le problème du 3,5%

L’une des mesures de l’initiative «Réduire le risque de l’utilisation de pesticides» exige de cultiver au minimum 3,5% de la terre assolée comme surface de promotion de la biodiversité. Une mesure qui va faire perdre à l’agriculture de nombreuses surfaces de terres cultivables qui ne serviront plus à la production de denrées alimentaires. Avec mon interpellation, j’ai demandé au Conseil fédéral de pouvoir mettre en vigueur ce 3,5% de biodiversité également dans les espaces réservés aux eaux: car pour l’heure, l’absence d’harmonisation entre les deux mesures occasionne de graves problèmes dans la gestion des exploitations agricoles (rotation des cultures, bilan de fumure, achats de fourrage, main-d’œuvre, par exemple).

Viande artificielle: une mesure disproportionnée ?

Il y a un mois, j’ai interpellé le Conseil fédéral en proposant d’interdire la production de viande artificielle dans notre pays. Mais notre Gouvernement ne mange pas dans la même assiette… Pour lui, «les alternatives à la viande issue de cultures de cellules souches animales sont considérées comme une nouvelle sorte de denrée alimentaire». Aujourd’hui déjà, «seules les denrées alimentaires sûres et qui n’induisent pas les consommateurs en erreur sont autorisées.» Et d’ajouter, en conclusion : «la mesure d’interdiction est non nécessaire et disproportionnée.» Pour moi, je demeure convaincu que fabriquer de la viande artificiellement est un peu idiot.

Pierre-André Page,
conseiller national, Châtonnaye

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